THE DAUNTING TASK OF WRITING ABOUT THE PHOENICIA

When the Phoenicia commissioned Tamyras to come up with a beautiful book to celebrate the legendary hotel’s 50th anniversary, we knew it would be an interesting experience. Nothing could have prepared Tania Hadjithomas for the journey that awaited her, through fascinating archives and first-hand accounts of the hotel’s storied history, deeply intertwined with that of the capital it came to represent.

Le Phoenicia: l’insomnie dans des draps de soie

Un livre sur un hôtel… Un livre qui retrace une épopée… Un livre sur le Phoenicia… Rêve d’éditeur ou cauchemar d’auteur ? En tout cas j’ai peu dormi.

Revenons au tout début. Une réunion formelle où, du fond de mon fauteuil moelleux, je me suis vue bondir d’excitation à la perspective d’un projet aussi ambitieux. On ne se refait pas. Les défis, je prends, je saisis, j’avale. Le grand escalier, le lustre flamboyant, le tapis de velours rouge ne laissaient la place à aucune réticence. Bien sûr que je peux, bien sûr que ça m’intéresse, bien sûr que Tamyras en a envie. Et nous voilà embarqués dans un sacré projet, projet sacré où, depuis le début, on a tous compris qu’il faudra se surpasser. Bon on s’organise.

Donnez-moi vos archives. Pas d’archives. Tout a brûlé durant la guerre, ces années d’immobilisme où, pourtant, le Phoenicia essayait de rester droit. Là, d’un coup, au détour d’une conversation téléphonique, le défi déjà important devient imposant. L’esprit s’affole. L’adrénaline afflue. Et l’adrénaline est une sacrée drogue. Plongée abyssale dans les archives des magazines. Contacts tous azimuts pour identifier qui pourrait nous aider et comment. Course effrénée derrière les photos de l’époque qu’il a fallu collecter, traquer, négocier, acheter. Traçabilité des témoignages des uns et des autres. Recueil d’informations, de regrets et de larmes.

L’émotion s’est installée. Côtoyant sans problème la démarche active et le programme intensif et rigoureux que nous avions mis en place. Ce n’était plus qu’un livre sur un hôtel. Le projet éditorial a vite cédé la place à un projet d’émotions nationales. Rencontre avec des hommes et une ville. Rencontre avec une formidable expansion que rien n’arrêtera jusqu’aux premiers coups de canon. Beyrouth des années 50. Tout était possible et nous avons ouvert nos bras au monde. Beyrouth des années 60. La ville resplendit comme un sapin de Noël toute l’année. Beyrouth des années 70. Rafales de projets interrompus par les mitraillettes. Et puis le noir, celui qui plombe et qui s’installe. Beyrouth renaissance enfin avec un hôtel reconstruit à l’identique, le désenchantement en plus. Il a fallu composer avec tout ça.

S’habituer aux battements d’un cœur qui palpite au rythme des bals d’une ville en perpétuelle fête. Afficher un sourire béat à la vue de toutes ces vedettes internationales qui se sont succédé sur le somptueux escalier central. Traiter le dossier de la guerre en regardant sans sourciller les photos de ces miliciens aux regards exaltés détruire méthodiquement les illusions de tout un pays. Passer sous un silence lourd les années où rien ne s’est passé. Afficher un optimiste certain devant une reconstruction inéluctable. Regarder avec admiration l’hôtel fourmiller de vie malgré les aléas.

Tout était réuni. Tout était enfin là. L’hier, l’aujourd’hui, la structure, les hommes, les souvenirs et les lumières. Maintenant il fallait le livre. Passer le relais à Franck, directeur artistique en charge d’une mission ardue. Photos, archives, textes, comment reproduire l’émotion?

De pages en pages, de chapitres en chapitres, le Phoenicia est né. Sublimé par une maquette faite d’énergies, de couleurs, de douceurs, de nostalgie et de flamboyance, un projet s’est transformé en évidence, un hôtel en monument, une ville en Histoire. Au final, des nuits d’insomnie compensées par 432 pages, une satisfaction soulagée et une couverture blanche immaculée pour raconter un formidable travail d’équipe.

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